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La folie des sextoys féminins

Il y a 10 ans, les sextoys étaient réservés à un public averti : pour en trouver, il fallait se rendre dans des magasins un peu glauques, et payer à prix d’or des répliques de pénis et autres gadgets plus ou moins réalistes […]

Il y a 10 ans, les sextoys étaient réservés à un public averti : pour en trouver, il fallait se rendre dans des magasins un peu glauques, et payer à prix d’or des répliques de pénis et autres gadgets plus ou moins réalistes. Inutile de préciser que les femmes ne se vantaient pas d’avoir un vibro. Aujourd’hui, les choses ont bien changé…

le succès des sex toys pour Femme
On est samedi après-midi et, pour célébrer l’enterrement de vie de jeune fille de Mathilde, ses copines lui ont organisé un moment très spécial : une démonstratrice en sextoys est venue leur présenter toute sa gamme. Entourée de ses amies, de sa mère et de ses sœurs (vive le mélange des générations), Mathilde aura donc le privilège de découvrir des vibromasseurs, godmichets et autres joujoux dont elle pourra se servir pour s’amuser seule ou avec son futur mari. On est loin de l’univers domestique des réunions Tupperware…

Car, vous l’aurez compris, la sexualité féminine a bien changé en quelques années. Il n’y a pas si longtemps, la sexualité féminine en général – et la masturbation en particulier – était encore très taboue. Mais dorénavant, pour être une femme accomplie, il faut avouer – voire revendiquer – une sexualité épanouie et ouverte (sans aucun jeux de mots, héhéhé). Avant, les sextoys se vendaient très discrètement : le catalogue de la Redoute les présentaient même comme des « masseurs de cou »… Mais maintenant, avec Internet, en 3 clics, vous recevez tout ce que vous voulez, sans même avoir besoin d’affronter le regard de la vendeuse. En plus, les prix ont beaucoup baissé (vive le Made in China, d’où proviennent 70% des jouets coquins).

Mais au-delà des facilités d’achat et du prix, c’est une vraie révolution des mœurs qui s’est produite. Une situation qui s’explique en grande partie par le succès de la série Sex and the City : pour la première fois, des femmes assumaient leur sexualité et jouaient avec des sextoys ! Carton plein et explosion des ventes du célèbre « Rabbit », qui restera indéniablement comme l’un des sextoys les plus connus du monde. Et une fois que ce premier pas a été franchi, les pros du Marketing ont fait le reste : finis les godemichets ultra-réalistes avec veines apparentes (miam), et à nous les jolis petits vibros girly, aux couleurs pastel, avec des matériaux tous doux et des formes trop mignonnes (« rhoooo on dirait un dauphin »).

Autour des sextoys s’est créé tout un univers féminin et raffiné : des sexshops spécialement dédiés au plaisir féminin ont vu le jour, ambiance parquet, tissu liberty et décoration cosy (on est bien loin des sexshops avec cabines vidéos de Pigalle), et les femmes s’y retrouvent régulièrement pour des « apéros coquins », où elles sirotent une coupe de Champagne tout en discutant des dernières nouveautés en matière de chapelet anal (hum, pour celles qui ne connaitraient pas ce gadget, qui se situe pourtant à la 4ème place des sextoys préférés des Françaises, je vous laisse faire un tour sur Internet pour en savoir plus…). Mais que penser de ce nouveau phénomène ? Est-on passé d’un extrême à l’autre ? D’une sexualité complètement taboue à une sexualité trop revendiquée ? Que penser de ces femmes qui refusent d’utiliser un sextoy ? Et de celles qui en parlent très (trop ?) librement à la cantine avec leurs collègues de boulot ? Disons que c’est comme tout : chacun fait comme il veut, tant que ça ne dérange pas les autres.
En revanche, on n’oublie pas que dans sextoys, il y a sexe : alors un peu de mystère et de pudeur, ça ne fait pas de mal…

M.P

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