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Loue une petite amie.com ou l’art du buzz

Depuis quelques années, la technique marketing du buzz s’est considérablement développée sur Internet si bien qu’il n’y a désormais plus un jour sans l’émergence d’un évènement, d’une rumeur ou encore d’une controverse. A ce propos, il convient de noter que ces phénomènes viraux sont étroitement liés avec les mœurs de la société et bénéficient d’une propagation rapide par le biais des réseaux sociaux.

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Or fort de l’attrait des Français à l’égard de la thématique de la rencontre en ligne et du caractère toujours subversif de la prostitution, une entreprise Française est parvenue à réaliser un ramdam considérable autour d’une idée aussi novatrice que scandaleuse à savoir la location d’une petite amie. Dès lors au terme de ce préalable sociologique, il nous appartient de revenir plus précisément sur cette affaire en évoquant tout d’abord son lancement sur la toile. Ainsi le 31 Décembre 2010, le site Internet http://www.loueunepetiteamie.com/ a été dévoilé de manière provisoire mais suffisamment complète afin de comprendre son fonctionnement. Il s’agit effectivement d’un site permettant de louer une petite amie à titre onéreux pour une durée déterminée allant d’une heure à un week-end.

C’est pourquoi dans l’attente de l’ouverture officielle (31 Janvier 2011) de ce service pour le moins saugrenu, une vaste polémique emprunte de nombreuses interrogations s’est emparée de la France tout entière et a engendré de nombreux débats dans les médias (télé, radio, presse écrite). En ce sens malgré les critiques formulées par de nombreuses personnes indignées, il semblerait que ce concept ait été appréhendé de manière plus sereine par d’autres puisque le site a recueilli non seulement 5000 propositions d’hommes intéressés mais surtout près de 550 candidatures de jeunes femmes prêtes à devenir des petites amies de location.

Néanmoins après quelques jours de totale stupéfaction de la part des internautes et grâce à quelques recherches dans le « who is », a commencé à poindre l’idée selon laquelle il pourrait s’agir en réalité d’une opération à vocation publicitaire orchestrée par un site de location d’objets entre particuliers. Toutefois, le fondateur de la société soupçonnée d’être à l’origine de ce buzz a longtemps nié cette information avec un certain aplomb notamment dans le cadre d’une interview accordée au journal Le Parisien : « Tout cela nous étonne beaucoup (…) Nous sommes spécialistes de la location d’objets (à prendre au sens large du terme). Certes, nous apprécions tout particulièrement les locations innovantes (…) pourtant, nous ne faisons pas ce type de location de « service » ou de « prestation »».

En conséquence, il a fallu attendre le dernier jour du mois de Janvier afin de découvrir l’étendue de la supercherie dans la mesure où toute cette affaire est le fruit de l’imagination d’Alexandre Woog, fondateur de la SAS E-LOUE. En effet, le créateur du site https://www.e-loue.com/ spécialisé dans la location d’objets entre particuliers ou professionnels a révélé le pot aux roses en publiant un communiqué de presse dans lequel il revient longuement sur le cheminement de cette idée dans son esprit : « Le 27 décembre 2010, un ami m’a suggérer de louer des petites amies sur e-loue. Depuis l’ouverture de notre service, je parviens à ressentir les thématiques proches de notre concept et qui ont le potentiel nécessaire pour faire le buzz. Cela a été confirmé une première fois en septembre 2010. A cette période, e-loue est intervenu dans tous les médias grâce aux chèvres tondeuses de pelouse que l’on peut y louer. Louer ce type d’animal pour tondre son jardin est un concept drôle, utile et très écologique que nous avons inventé en France (une trentaine de chèvres sont désormais disponibles sur notre plate-forme) et qui a beaucoup plus aux médias. Pour en revenir à LoueUnePetiteAmie.com, j’ai ainsi tout de suite ressenti que le concept de location de petite amie était suffisamment provocateur pour buzzer, et toute mon équipe était également de cet avis. » En somme si ce buzz a certainement très largement dépassé les espérances de son initiateur, il interroge également sur les limites morales inhérentes à la conquête commerciale sur Internet…

Florian Carter

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