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Cap(ote) ou pas cap(ote) ?

Comme elle semble loin l’époque de la révolution sexuelle qu’ont vécue nos parents ! Notre génération est celle des MST et du Sida : les associations nous ressassent sans cesse que le préservatif, contrairement aux antibiotiques, c’est automatique. Et pourtant, alors que la plupart d’entre nous devraient avoir intégré le fait que les capotes font véritablement partie de la vie sexuelle, il y a toujours ce délicat moment de savoir quand il faut sortir sa chaussette en latex…

pour ou contre la capote
Vous vous êtes rencontrés sur Adopteunmec et vous avez tout de suite accroché. Alors vous êtes allés prendre un verre, avant d’enchaîner sur un dîner, puis un autre verre. Puis il vous a raccompagnée en bas de chez vous, pour ne pas que vous rentriez seule. Alors vous lui avez proposé de prendre un dernier verre… Et de fil en aiguille, vous vous retrouvez à moitié nue à califourchon sur ses cuisses. Là, normalement, c’est le moment de parler capote. Sauf que bizarrement, souvent, certains ne sont pas du tout à l’aise avec ce qui devrait être une évidence.

Parce que le fait de sortir une capote veut dire plein de choses. Si un mec en sort une de sa poche, cela signifie qu’il avait prévu son coup et pensait justement le tirer, son coup. Pas très flatteur pour la fille, qui pourrait croire qu’il voulait juste la sauter.
A l’inverse, s’il n’a pas de capote, la situation risque d’être plus compliquée : certes, il fait mine de ne pas avoir anticipé que les choses iraient aussi loin (come on… Sincèrement, en allant à un rencart, qui n’a pas une petite idée derrière la tête ? Allez, on ne me la fait pas, à moi !), mais si sa partenaire n’a pas de préservatif, ça risque de mal tourner. Soit l’un des deux trouve le courage de se rhabiller et de ressortir dans le froid pour trouver le distributeur le plus proche (et encore, quand on vit au fin fond de la campagne, on n’en trouve pas à tous les coins de rue), soit on en reste là (et pour l’ambiance, c’est assez moyen. Sans parler de la frustration), soit on fait sans (mais là, c’est vraiment TRES con…).
Et puis bien sûr, il y a ceux qui ont « une vieille capote, qui doit traîner dans mon portefeuille » : genre, l’air de rien, ils dégainent ce reliquat offert lors d’une soirée en boîte quand ils avaient 20 ans. Voilà donc 10 ans que Monsieur trimballe cette capote dans sa poche arrière : sauf que des conditions de conservation comme ça, c’est plus que moyen. Et puis n’oublions pas la date de péremption. Bad idea…

Mais pour les femmes non plus, les choses ne sont pas simples. Avoir un préservatif sur soi, malheureusement, donne parfois une image de fille facile : comme si le fait de transporter une capote dans son sac à main signifiait forcément qu’on s’envoie en l’air à tout bout de champ avec n’importe qui. Raisonnable, oui. Nymphomane, certainement pas. Sans doute serait-il temps que la plupart des hommes changent d’opinion sur les femmes.

Alors, comment on fait ? Et bien c’est très simple : on arrête de se poser 10 000 questions. On considère que les préservatifs, c’est une question de vie ou de mort. On s’arrange pour en avoir toujours sur soi ou chez soi, et on les sort comme si c’était une évidence, qu’il n’y avait même pas à hésiter. Point final.

M.P

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